Saison 2022

Philippe Jacq

tableaux associant peinture et patchwork 
du 8  au 30 juillet
Vernissage le vendredi  8 juillet à 18h

« Philippe Jacq réalise des tableaux
en associant peinture et patchwork.

Une couture qui consiste à assembler plusieurs morceaux de tissus. Il tend de grands châssis sur des tapisseries orientales et occidentales collectées pour la plupart lors de ses voyages. En mélangeant les imageries populaires et parfois les codes religieux, Philippe Jack questionne son passé de l’autre côté de la Méditerranée, son présent en France mais aussi sa place dans un monde éclaté aux multiples influences. Les assemblages sont le fait d’une lente maturation tout au long de laquelle l’artiste poursuit la quête d’émotions enfouies et de sens cachés. »
Anne Malherbe, historienne et critique d’art, Thril, exposition collective, Strasbourg

Dans les rues chaudes d’Oran en Algérie… 
nous jouions au foot entre copains de quartier avec un beignet de caoutchouc. Objet que nous fabriquions avec des rondelles découpées dans une chambre à air de bicyclette. Nous tracions à la craie notre terrain de jeu sur le bitume : Délimiter un territoire et jouer, c’est ce que je fais encore aujourd’hui dans mon atelier. 

Je récolte beaucoup de tissus au cours de mes voyages. Dans mes stocks, du sol au plafond, il y a de tout, des tapis du Tinariwen où vivent les Touaregs nomades, mais aussi des tee-shirts floqués ou sérigraphiés aux motifs colorés et des tapisseries trouvées sur les trottoirs en bas de chez moi. 

J’aime me balader et me perdre dans les capitales européennes, là où se concentrent les populations issues de l’immigration. Du quartier chinois de Paris au quartier pakistanais de Londres en passant par le Kreuzberg à Berlin, il y a tellement de lieux qui m’inspirent. Nos sociétés sont pluriethniques, multi-confessionnelles, mes tableaux en sont l’expression. 

J’utilise les codes et les symboles universels, je les mixe entre eux, sans censure, sans me soucier des antagonismes et du communautarisme qui écrase. Mon univers est syncrétique avant tout. Comme l’araignée je tisse patiemment, un réseau complexe de formes et de mots, délimitant des zones picturales, des espaces traçant des rhizomes entre l’Occident et l’Orient, l’Europe où je vis aujourd’hui et l’Afrique où je suis né. 

Le fil pour recoudre la mémoire et tendre l’arc.  
Philippe Jacq